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La mémoire

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«Ce qu'on apprend le soir est mieux retenu que ce qui est appris le midi, car le sommeil favorise l'assimilation des connaissances.» Bernard Croisile, neurologue

«Pour mémoriser une commande,  je fais un classement mental qui va des boissons les plus longues à préparer jusqu'aux plus rapides.» Jean-Marc Masson, barman

Les différentes familles de mémoire

Mémoriser consiste à apprendre, à stocker, puis à réutiliser une information objective (un chiffre, un fait...), subjective (une émotion, une sen¬sation...), ou les deux à la fois (à un événement peut être associée une émotion). L'émotion favorise la mémorisation de l'information ou, au contraire, lui nuit (l'information sera alors transformée ou oubliée). Bernard Croisile, responsable du labo-ratoire de neuropsychologie de l'hôpital neurologique de Lyon, distingue la mémoire à court terme (enregistrement d'une information après une à deux minutes) de la mémoire à long terme. Dans cette dernière, la motivation et l'intérêt jouent un rôle majeur. Bernard Croisile oppose égale¬ment la mémoire épisodique (les souvenirs personnels) et la mémoire sémantique (les connaissances intellectuelles). La mémoire épisodique correspond à des tranches de vie qu'il est possible de dater. La mémoire sémantique, elle, n'a pas de repères spatiaux ou temporels : «Nous ne nous souvenons pas quand et où nous avons appris que Londres est la capitale de l'Angleterre», rapporte Bernard Croisile. Dans tous les cas, la mémoire a besoin d'un raisonnement, d'une consolidation des acquis... et d'un temps de sommeil suffisant.

Vrai ou Faux ?

- La mémoire baisse avec l'âge.
FAUX > C'est l'attention qui diminue avec l'âge, mais pas la capacité à stocker des informations (sauf en cas de pathologie, comme la maladie d'Alzheimer).

- La mémoire est illimitée.
VRAI > Il est impossible de saturer sa mémoire, même si elle est constamment alimentée en nouvelles connaissances. La difficulté, en revanche, est de faire remonter l'information.

- Plus on apprend, plus il est facile d'apprendre.
VRAI > Au fil des apprentissages, nous apprenons à connaître les condi-tions d'efficacité de notre mémoire (horaires, méthodes...). En outre, plus nous maîtrisons un sujet, plus nous sommes en mesure de rattacher une information à celles déjà acquises.

- La nicotine stimule la mémoire.
FAUX > La nicotine favorise au contraire l'obstruction des artères du cerveau.

- Les femmes ont une meilleure mémoire que les hommes.
VRAI ET FAUX > Les femmes ont une meilleure mémoire des mots et des événements. Les hommes, eux, sont plus performants sur les lieux et les concepts.B)


Visuel, auditif ou kinesthésique ?

Les informations nous parviennent par nos cinq sens : la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat, le goût. Chacun d'entre nous possède un canal sensoriel plus développé que les autres, parfois deux. Les visuels se souviennent d'abord, par exemple, de l'apparence physique de quelqu'un (et non du son de sa voix) et se rappellent facilement l'emplacement d'un élément dans un document écrit. Les auditifs, eux, sont sensibles aux voix et aux bruits. Ainsi, ils retiennent davantage une poésie par l'enchaînement du son des mots que par la visualisation de ces derniers Enfin, les kinesthésiques ont une mémoire tactile (toucher, odorat goût). C'est la fameuse madeleine de Proust : en mangeant le biscuit trem pé dans son thé, l'auteur se souvien alors d'événements anciens.

A chaque catégorie ses méthodes

Visuel : Privilégiez l'apprentissage par la lecture et surlignez les messages clés. En réunion, prenez des notes. Evoquez le cadre où vous avez reçu l'info : vous la retrouverez plus facilement.

Auditif : Préférez les sources d'in-formations sonores (radio, enregistrements...). Lisez à haute voix. Récitez oralement ce que vous venez d'apprendre ou ce que vous a dit quelqu'un.

Kinesthésique : Levez-vous et bougez pour réfléchir et retenir. Prenez vos supports écrits entre vos mains. Pour retrouver une info, associez-y des sensations tactiles (température, parfum, etc.).



La mémorisation : un processus en trois etapes

La mémorisation est toujours le fruit d'un processus en trois étapes. Tout d'abord, le cerveau reçoit l'information : c'est la phase de réception (phase 1). Ensuite, le cerveau s'approprie cette information par répétition, prise de notes, reformulation, établissement de liens entre les informations. C'est la phase de traitement (phase 2), qui est d'ailleurs la plus longue. Plus tard, le cerveau est capable d'aller chercher l'information stockée. C'est la phase de rappel (phase 3).

IDENTIFIEZ VOTRE PHASE CRITIQUE

1. RÉCEPTION
C'est le moment où le cerveau «imprime» les informations. Pour une récep¬tion optimale, il faut faire le vide mental. On vous reproche d'être distrait. Vous êtes incapable de répéter ce qu'on vient de vous dire ou ce que vous venez de lire.
Le conseil : Evitez de vous concentrer sur deux choses différentes. Empêchez-vous de réfléchir au moment où vous recevez l'info.

2. TRAITEMENT
Cette étape d'assimilation de l'info exige un effort intellectuel plus ou moins important selon les individus. Il vous arrive souvent de croire que vous avez assimilé une information alors que vous l'avez simplement comprise.
Le conseil : Toute mémorisation est le fruit d'un travail. Utilisez les techniques de trai-tement de l'information présentées ici.

3. RAPPEL
Faire remonter l'information est une phase critique en liaison avec l'intérêt véritable que l'on porte au sujet. Vous vous retrouvez fréquemment dans la situation où vous savez que vous sa¬vez, mais sans parvenir à récupérer l'info.
Le conseil : Relisez vos dossiers, faites le point sur vos connaissances, consultez vos notes (surtout lorsque le sujet vous ennuie)


Mémoire immédiate et souvenirs anciens

La mémoire à court terme (ou mémoire immédiate) désigne notre capacité à garder à l'esprit une information pendant une à deux minutes. C'est elle qui nous permet de savoir que nous venons de boire un verre d'eau, ou de composer un numéro de téléphone qu'on nous a communiqué à l'instant. Les traducteurs simultanés la sollicitent pour mémoriser de nouvelles phrases tout en continuant à traduire les propos précédents. Pour un fonctionnement optimal de cette mémoire, il faut être très concentré, car l'information qui arrive n'est généralement pas répétée. La capacité de stockage de la mémoire à court terme est de sept éléments (dessins, photos, mots ou chiffres) si ceux-ci ne sont pas reliés logiquement entre eux. Cette capacité monte à quinze s'ils sont unis par un lien logique les mots d'une phrase, par exemple). La mémoire à long terme est celle de nos souvenirs personnels et de notre culture générale. Cette mémoire est capable d'associer des informa-tions entre elles, de synthétiser et de trier les informatons (si nous devions avoir constamment à l'esprit tout ce que nous savons, nous serions dans l'impossibilité d'agir). Si on veut conserver intactes et accessibles certaines connaissances, il faut absolument les réactiver régulièrement (lire le graphique ci-contre) : relire des notes, réécouter une conférence, revoir des photos ou un film...


TECHNIQUE 1 - L'imagerie mentale

La mémoire aime le concret. Elle a plus de difficultés avec tout ce qui est abstrait. Pour retenir des noms ou des concepts, vous pouvez recourir à l'imagerie mentale. Cette technique consiste à associer une image à une idée. Dans une réu-nion, par exemple, où vous devez vous souvenir des professions de chaque intervenant, vous pouvez associer «robe noire» à un avocat, «voiture» à un commercial, etc.
Exercice : Vous avez une minute pour associer mentalement une image à chacune des dix expressions suivantes (un match de tennis à «compétition», par exemple). Ensuite, sans regarder la liste, notez les termes dont vous vous souvenez.

Compétition
Relance des clients
Présentation à la direction
Management de proximité
Gestion de projets
Nouvelle économie
Société de consommation
Qualité
Réunionnite
Manque de visibilité

TECHNIQUE 2 - Les catégories de mots
Pour les informations qui n'ont pas ou peu de liens logiques entre elles (une suite de mots ou de chiffres), il est recommandé d'effectuer un classement Pierre Roy, trader, travaille en moyenne sur six demandes de prix au même moment. Pour y répondre, il mémorise des informations financières tout au long de la journée dans un arbre mental préétabli d'environ 650 cases (par exemple, volatilité de l'action Vivendi). «Ce système doit être construit sans stress, avant la réception des informations. Si une donnée arrive et que je n'ai pas de case pour l'accueillir, je ne peux pas la retenir», déclare-t-il. De la même façon, Jean-Marc Masson, barman, mé-morise une commande d'une douzaine de boissons sans prendre de notes. «Je classe mentalement les boissons selon le temps nécessaire à leur prépara-tion. J'enregistre d'abord les bières irlandaises, qui se tirent en trois fois pour obtenir plus de mousse. Puis viennent les boissons chaudes, les alcools et enfin les boissons non alcoolisées.»
Exercice A  
Regardez cette liste pendant deux minutes, sans utiliser de mé¬thode particulière. Puis notez les termes que vous avez retenus et comparez votre liste à l'énumération initiale.

• Turnover
• subvention
• OPA
• femme
• recrutement
• avocat
• TVA
• pénaliste
• banquier
• étudiant
• syndicaliste
• fonds de placement
• formation
• Code du travail
• dollarisation
• cadre
• jurisprudence
• nullité
• gréviste
• endettement
• juge
• valorisation des stocks
• chef de service
• avocate
• employée
• rencontre
• placement
• avenant
• clause
• bénéfice
Exercice B
Regardez cette liste pendant deux minutes en classant les termes en trois catégories (par exemple : finance, RH, droit). Puis notez ceux que vous avez retenus et comparez avec la liste initiale.

• Capital social
• justice
• caution bancaire
• employé
• OS
• monnaie
• prison ferme
• homme
• chiffre d'affaires
• jeune diplômé
• contrat
• taux d'intérêt
• collaborateur
• investissement
• juridiction
• apprenti
• tribunal
• embauché
• billet
• stagiaire
• intérimaire
• peine lourde
• ratio financier
• personnel
• emprunt
• jugement
• Cour de cassation
• comptabilité
• défense
• preuve


TECHNIQUE 3 - L'arborescence

Pour restituer le maximum de connaissances quevous avez sur un sujet, la technique de l'arborescence est particulièrement efficace. Imaginons la scène suivante : on vous informe que vous devez accueillir une nouvelle recrue dans votre service, juste avant son arrivée. Vous avez dix minutes pour lister tout ce que vous connaissez sur votre entreprise afin d'en faire une présentation succincte. La méthode ? Choisissez des grands thèmes et reportez-les à l'horizontal sur des branches autour du thème central. Puis trouvez des sous-catégories pour chacun des thèmes. Remplissez alors votre matrice d'informations : vous aurez alors non seulement sur le papier un maximum de données, mais vos idées auront aussi le mérite d'être déjà ordonnées. Pour vous entraîner, construisez un arbre dont nous vous donnons un exemple ci-dessous. Vous pourrez ensuite renouveler l'opération à partir d'une feuille blanche en prenant une autre situation : par exemple, vous devez inviter un client au restaurant et souhaitez établir une liste de tous les établissements que vous connaissez. Vous éviterez ainsi d'en oublier certains...

TECHNIQUE 4 - La lecture efficace
Avant tout, pour bien retenir un texte, il faut le comprendre. Et s'il est ardu, mieux vaut le lire vite, mais plusieurs fois. En effet, plus nous lisons lentement, plus nous absorbons de détails et moins nous avons de chances de retenir le texte dans sa globalité. En outre, «nous retenons mieux ce qui nous intéresse», rappelle le neurologue Bernard Croisile. D'où la nécessité de savoir pourquoi on a décidé de lire tel ou tel document, en se posant des questions : «Que va m'apporter cette lecture ?» ou «Quelles sont les informations que je veux trouver ?». Pierre Roy, trader, se fixe ainsi systématiquement des objectifs de lecture : il lira, par exemple, «des documents relatifs aux conséquences d'une bulle spéculative au Chili ou au Mexique afin de mieux appréhender quelle pourrait être la situation à moyen terme en Argentine». Bien sûr, il faudra également souligner, prendre des notes, faire des schémas pour s'approprier l'information écrite. Et lire à haute voix si vous êtes auditif, vous déplacer en lisant si vous êtes kinesthésique. Et, surtout, ne vous privez pas de raconter vos lectures. La réactivation est un garant de l'ancrage...


TECHNIQUE 5 - La visualisation
Nous ne consacrons en moyenne que dix secondes pour mémoriser le nom d'un nouvel interlocuteur, alors que trente secondes sont nécessaires. Tout d'abord, faites l'effort de mémorisation im¬médiatement Si le nom n'a pas été donné de façon intelligible, faites-le répéter. Ensuite, prononcez-le au moins deux fois dans les cinq minutes qui suivent. Si besoin est, écrivez-le. Vous pouvez aussi associer au nom de la personne un détail carac-téristique (et, si possible, cocasse) de sa physiono¬mie («Durand a de grandes dents»). Pour les noms compliqués, trouvez un jeu de mots ou un rébus : «M. Zandfaust a une voix qui sonne faux».


TECHNIQUE 6 - Le regroupement
Nous mémorisons plus facilement les regroupements par deux chiffres. Ainsi, il est aisé de sé souvenir de 63 58 44 plutôt que de 635844. «C'est pour cela que les hôtels américains intitulent leurs numéros de chambre 17-26 et non 1726 », expliqué Bernard Croisile. Vous pouvez aussi corréler des départements français à des nombres de deux chiffres, ou associer à chaque nombre la lettre de l'alphabet qui lui correspond et construire une phrase dont les mots commencent par les lettres ob-tenues. Enfin, n'utilisez pas de codes confidentiels trop différents les uns des autres (accès à votre ordinateur, numéro de consigne, etc.).


TECHNIQUE 7 - Les mots révélateurs

Si vous devez intervenir oralement pendant vingt minutes et que vous ne voulez pas avoir le nez plongé dans vos notes, commencez par apprendre par coeur les deux premières minutes (les plus difficiles) de votre exposé.
Pour retenir les thèmes à aborder, créez un sigle : par exemple, OS CAR pour Outils nécessaires, Stratégie, Concrétisation, Agents impliqués, Retour sur investissement. Vous pouvez aussi utiliser la méthode des crochets.
Notez les principaux points dont vous devez parler. Puis choisissez autant de mots que vous avez de thèmes. Ce sont ces mots que vous apprendrez par coeur. Il vous reste à accrocher vos idées à ces mots (lire ci-dessous). Quand vous prendrez la parole, rappelez-vous du mot... vous aurez l'idée. Autres précautions : dites à haute voix votre exposé dans la salle où vous le ferez ou dans un cadre analogue (mettez-vous debout face à un auditoire invisible ou, mieux, face à des proches qui joueront ce rôle). Si vous avez un trou de mémoire, respirez, buvez une gorgée d'eau et répétez ce que vous veniez de dire. L'enchaînement se fera naturellement.