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DAMPHREUX

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Damphreux, paisible et modeste localité au nord de l'Ajoie, traversée par un petit cours d'eau auquel le village voisin de Coeuve a donné son nom, est si proche de Lugnez que les deux communautés, aujourd'hui distinctes, pourraient former une seule collectivité publique. Mais l'Histoire en a décidé autrement. Lugnez au nord, Beurnevésin au nord-est, Bonfol à l'est, Montignez à l'ouest et Coeuve au sud, sont les cinq communes avoisinant le village de Damphreux. De la ville de Porrentruy, à quelque sept kilomètres de celui-ci, une petite route campagnarde nous y conduit en sillonnant une plaine rappelant d'avantage la France toute proche que les paysages jurassiens. Le car postal demeure l'unique moyen de transport public assurant la liaison avec le chef-lieu du district. Damphreux couvre 564 hectares de superficie et s'élève à une altitude moyenne de 430 m.


Origine du nom et armoiries

Le nom de Damphreux dérive de Dunfriol (appellation de 1178) devenu un peu plus tard Danfriol puis Damphriol en 1256. C'est dans des documents ecclésiastiques du XIIe siècle, que les archivistes contemporains ont vu apparaître pour la première fois cette désignation primitive de la localité, qui peu à peu s'est transformée en Damphreux. Damphriol signifiait alors maison ou plus exactement demeure de Ferréol, nom d'un des deux apôtres de la Séquanie, qui avec Saint-Fergeux, fut martyrisé à Besançon en l'an 212. La Séquanie était une région de la Gaule romaine comprenant l'Ajoie et la Franche-Comté. Notons en passant que Damphrichard, nom d'une localité française, et Damphreux ont sans doute la même souche étymologique.
D'argent à l'écureuil de gueules assis sur un mont de sinople et tenant un gland du second.
C'est un écureuil en effet qui figure sur les armoiries de Damphreux. Mais contrairement au village voisin de Lugnez, où ce sont les armoiries qui ont donné naissance au sobriquet de ses habitants, c'est dans le surnom que portent les gens de Damphreux (les Queues d'écureuil) que le thème principal de leur écusson trouve son origine. Alors pourquoi ce sobriquet? Selon une source digne de foi, la faune forestière des alentours a été, à un moment donné, particulièrement riche en écureuils.


Démographie et vie associative

En 1870, Damphreux comptait 389 habitants. Au début du siècle, 294 âmes peuplaient encore le village. Depuis 1900, la démographie locale n'a cessé de subir une baisse inquiétante même si, depuis le début de la décennie, la variation de la population connaît un léger sursaut à la hausse : 146 habitants en 1990, 163 en 1996. Damphreux a en effet su préserver sa vocation exclusivement agricole et artisanale, mais n'a pas su empêcher l'inévitable exode des jeunes gens vers les pôles d'attraction urbains. Des deux communes contigües, Damphreux reste la moins peuplée, Lugnez comptant actuellement 230 habitants.
L'organisation politique et administrative de la localité comprend un maire appuyé dans sa tâche par cinq conseillers communaux exercant à ce titre le pouvoir exécutif, tandis que l'assemblée communale des citoyens assure le pouvoir législatif. Damphreux et Lugnez forment une seule paroisse qui, rappelons-le, est la doyenne des communautés ecclésiastiques ajoulotes.
Au niveau des services publics, si Damphreux et Lugnez ont pu maintenir leur bureau postal, ces deux communes n'ont pu échapper à la vague centralisatrice qui a progressivement emporté les infrastructures locales pour voir s'instituer des cercles et syndicats régionaux. Damphreux fait en effet partie du cercle scolaire comprenant aussi les communes de Lugnez, Beurnevésin et Bonfol. Ces quatre communes sont également regroupées en syndicat (le Syndicat des Eaux de la Vendline) pour leur alimentation en eau potable.
Avec Coeuve et Lugnez, Damphreux a récemment constitué un syndicat en vue de résoudre les problèmes liés à l'épuration des eaux. Ajoutons encore que Damphreux et Lugnez n'ont qu'un seul corps de sapeurs-pompiers.
Comme on le devine aisément, c'est avec Lugnez que Damphreux partage sa vie associative. En effet, une société de tir, une société de chant religieux et un club de football, animent l'activité sportive et culturelle au sein des deux localités jumelles (le terrain de football se trouve à Lugnez).


Bref regard sur le passé

Comme on l'imagine, le destin de Damphreux s'est confondu, à travers les âges, avec celui de l'Ajoie.
Toutefois, il faut retracer ici un fait dont la portée fut considérable pour le développement ultérieur de l'agriculture dans tout le pays et dont les gens du village se souviennent aujourd'hui avec une légitime fierté. C'est en effet sur le sol fertile de Damphreux et de ses environs que la pomme de terre fut cultivée pour la première fois dans nos régions, aux alentours de 1700. Elle fut importée d'Alsace semble-t-il.
Selon un document écrit datant du XVIIIe siècle, c'est un agriculteur de Beurnevésin qui, à titre expérimental, cultiva ce légume dans son jardin. Peu après cette première expérience assez concluante, la culture de la pomme de terre fut ensisagée à plus grande échelle Cette entreprise fut couronnée de succès, mais curieusement, ce légume si apprécié et si populaire de nos jours, inspira plus de suspicion que d'enthousiasme et sa récolte donna lieu à une cascade de préjugés obscurs. C'est Parmentier, qui de France, sous le règne de Louis XVI rendit à la pomme de terre ses lettres de noblesse partout en Europe. Mais les laborieux cultivateurs de Damphreux avaient, pour l'ancien évêché de Bâle, fait figure de pionniers depuis fort longtemps déjà.

Sur le plan de l'histoire religieuse, il convient de rappeler que l'église de la paroisse de Damphreux-Lugnez, datant du XIe siècle, situé sur le territoire de Damphreux est, selon les archives ecclésiastiques, la plus ancienne du pays ajoulot. Elle fut restaurée en 1715, avant de céder sa place à l'actuel sanctuaire construit en 1867.
Il faut aussi souligner que la séparation d'une même agglomération en deux communes distinctes, Lugnez et Damphreux, a une origine lointaine dans le passé et n'est pas due au hasard de l'expansion des deux villages, comme on pourrait être tenté de le croire.


Curiosités naturelles

Les amateurs de sports équestres et les amoureux de la nature en villégiature dans le terroir, seront comblés si leur route traverse Damphreux.
De magnifiques étangs, au biotope extraordinaire, demeurent à coup sûr un but de promenade incontournable. On pourra aussi admirer quelques couples de cigognes, autre curiosité remarquable du village, qui depuis quelques années, élisent domicile en divers endroits, notamment sur le toit de l'église. Les habitants de Damphreux mettent tout en oeuvre pour réserver un bon accueil à ces sympathiques échassiers venus d'Alsace et naturellement attirés par le milieu marécageux de ce coin de pays. Enfin, c'est au "Paddock" que les amis du cheval trouveront leur bonheur en s'adonnant aux joies de l'équitation ou de la promenade en roulotte, après quoi ils auront la possibilité de se restaurer à l'Hôtel du Jura, à proximité du centre équestre.
 

Aspects légendaires et anecdotiques

Une curiosité exclusivement locale, qui mérite d'être mentionnée, concerne la singulière façon qu'ont les vieilles gens du village de comptabiliser les jours. Alors que le commun des mortels, en Ajoie comme partout ailleurs, compte "en jour", à Damphreux on a coutume de compter "en nuit". L'origine de cette pratique villageoise peu courante reste obscure. Autre singularité, que Damphreux partage seulement avec Lugnez, concerne l'inhumation des morts. Cette tâche n'est en effet pas confié à un service officiel comme dans les autres villages, mais incombe, par ancienne tradition, aux parents ou amis de la personne défunte.